Jean-Luc Bourel, peintre


Né en 1954 dans une famille de « gens de mer », Jean-Luc Bourel passe son enfance sur les hautes falaises bretonnes à Plouézec, près de Paimpol. Autodidacte, il creuse patiemment les chemins de la lumière, éclairé par la lecture de quelques poètes et écrivains, parmi lesquels Rilke, Hamsun, Hesse, Miller, Gracq et les oeuvres des peintres romantiques allemands, G.D. Friedrich, C. Rothman et anglais, Cozens, Turner ou Palmer.

D’un naturel réservé, le peintre nous invite à marcher vers Le pays où l’on n’arrive jamais d’André Dhôtel, aimanté par ses personnages qui cheminent dans un monde chaotique et jouent leur destin sur une lumière soudaine à l’horizon. Forêts marines et sombres qu’il peint en solitaire face à la mer à Locquémeau.

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Son séjour d’un an en Finlande en 1985 éclaire sa palette du vert bleuté au bleu doré dans de grands paysages à l’huile.Genèse d’un monde cosmique frappé d’effroi, d’une Finlande soulevée par la proue des falaises bretonnes, cet effroi que Michel Le Bris nomme « the call of the wild – l’appel de la force, de cette force mystérieuse, à l’œuvre dans le monde et à l’œuvre en soi, tout à la fois destructrice et créatrice, (…), qu’il s’agit de maîtriser en la mettant en œuvre -sous peine d’être emporté par elle.(…) Il me semble bien que c’est à cela que s’affronte Jean-Luc Bourel – à cet appel et à cet effroi. » « Nous assistons à la naissance d’un monde pictural qui mime lui-même la naissance d’un monde. » Philippe Le Guillou. « Tant que des peintres comme lui travailleront, nos paysages ne seront pas tout à fait aveugles et nous verront encore, pour qu’à notre tour nous les voyions, nous les sauvions. » Yvon Le Men.

Un voyage en Irlande en 1988, une longue immersion dans les forêts de l’Argoat approfondissent sa recherche d’une lumière plus déliée. « Le travail de Jean-Luc Bourel s’attache, comme dans la peinture chinoise, à extraire du paysage une intuition plus qu’une représentation. Ces royaumes d’exil sont aussi des paysages mentaux, étapes d’un voyage intérieur. (…) A une certaine distance de la terre, tout se ressemble. Les nuages sont des montagnes, la mer est un ciel lointain. (…) Le peintre peint cet exil, qui est à la fois celui de l’homme face au paysage, et celui des formes qui se perdent avec le recul. » Sylvie Friedman
Il passe ensuite par une période de collages (1998-2000) : déconstruction de l’espace, lent assemblage d’architectures hautement improbables aux coutures presque invisibles, aux couleurs d’ocre-sable.

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Des voyages en Chine en 2004, 2016, 2017, l’ascension des six mille marches de la montagne sacrée du Taï Shan innervent ses paysages de noirs et de blancs elliptiques, à la calligraphie fluide, lui fait abandonner la technique de l’huile pour un travail sur papier, tempéra et acrylique.
Et toujours la Bretagne dont il explore depuis 2007 la baie de Morlaix dans son atelier ouvert sur le ciel, dominant la ville. De vastes plages striées de veines ou de hautes bannières où le temps surgit circulairement alternent avec des collages en noir et blanc. Le peintre continue à capter les mouvements de la baie et les métamorphoses de ses lumières.
Cette lumière d’avant le langage…